Dans le numéro de décembre 2007 d’Arras Communauté, Jean-Marie Vanlerenberghe claironne dans son
« édito» qu’Arras est devenue aujourd’hui « la deuxième agglomération la plus attractive de France ».
Pour étayer cette affirmation, le maire s’appuie sur un classement du magazine L’Entreprise qui arrive, dit-il, « comme un cadeau ».
une réalité en contradiction avec le discours du maire d’Arras
Il oublie seulement de préciser, par un raccourci dont il est coutumier, qu’Arras obtient la deuxième place, non pas parmi l’ensemble des agglomérations françaises, mais parmi le groupe beaucoup plus restreint des agglomérations de 70000 à 100000 habitants. On comprend cependant que Jean-Marie Vanlerenberghe veuille profiter de cette aubaine, car la réalité ressentie par les Arrageois ne reflète pas le discours d’auto-satisfaction du maire.Il ne s’agit pas ici de remettre en cause le travail effectué par les journalistes de ce magazine, mais d’aller au-delà des déclamations de principe pour comprendre quelle est la part de la gestion locale dans cette deuxième place.
Des facteurs géographiques et démographiques déterminants
Or, la position d’Arras est due à des facteurs géographiques et démographiques dont Jean-Marie Vanlerenberghe ne peut, en toute bonne foi, s’attribuer la paternité :- La proximité de Paris ;- La proximité de l’aéroport de Lesquin ;- L’importance de la population (94000 habitants) qui offre de fait aux entreprises des débouchés locaux nettement plus importants que la moyenne dans la catégorie des agglomérations de 70000 à 100000 habitants ;- Le nombre d’étudiants, imputable à la présence de l’université qui poursuit son développement dans l’indifférence de la majorité en place.
une situation économique qui se dégrade
On constate en revanche, selon le même magazine, que la situation économique et sociale de l’Arrageois se dégrade :- Le prix du mètre carré de logement est supérieur de 25% à la moyenne des agglomérations de la catégorie ;- Le taux de faillite d’entreprises est beaucoup plus élevé que la moyenne de la catégorie (25,1% contre 16,5%)
l’emploi salarié a reculé de 6,2% à Arras
Ces éléments recoupent d’ailleurs ceux publiés récemment par la Chambre de commerce et d’industrie d’Arras , selon lesquels l’emploi salarié a reculé de 6,2% à Arras et de 3,9% sur le territoire de la communauté urbaine entre 2001 et 2006.Dans le même temps, l’emploi salarié du Pays d’Artois est resté stable alors que celui de la région Nord/Pas-de-Calais progressait de 1,4%. Arras bénéficie donc nettement moins que le reste de la région de la baisse du chômage constaté au niveau national.